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On se souvient tous de la campagne publicitaire choc associée à la marque italienne NO-LI-TA. Cette publicité vise à lutter contre l’anorexie et met en scène une jeune femme nue souffrant de cette pathologie : Isabelle C. La photo est signée par le célèbre Oliver Toscani, ex photographe de la compagnie United Colors of Benetton.
Je me permets de revenir sur l’affaire Isabelle C puisqu’en ce moment on retrouve son patronyme partout dans les médias depuis son décès (en novembre 2010 à l’hôpital Bichat) mais proclamé au grand public seulement courant janvier 2011.
Je ne vais pas pleurer sur la défunte mais je ne vais pas vous cacher que cette « tragédie » ne me laisse pas de marbre.
Avant d’en venir au vif du sujet, je me permets de vous rappeler (ou de vous apprendre) certains détails afin d’optimiser la compréhension de mon article. Attention mon cerveau est en ce moment même en pleine ébullition alors je n'imagine même pas le votre quand vous me relirez ! ;)
Pour ceux qui ne seraient pas au courant, Isabelle C a eu recours à la chirurgie esthétique, pour l’aider dans sa guérison et ainsi se trouver « plus jolie ». Menton, lèvres, et nez ont été diminués car « je trouvais que mes lèvres étaient grosses, mon nez épaté et mon menton très moche. J'ai donc décidé de tout refaire ». Ses tâches de rousseurs ne sont pas non plus naturelles, elles ont été tatouées.
Par la suite elle est entrée dans une agence de mannequins.
Quand on m'a présenté Isabelle, elle voulait à tout prix faire du mannequinat. Mais nous lui avons tout de suite expliqué que cela était exclu. Nous ne voulions pas montrer une personne malade dans notre catalogue de modèles. Je lui ai dit qu'elle pourrait travailler comme comédienne, mais qu'elle devait s'attendre à des rôles de femme malade", se souvient sa bookeuse de l’agence.
Effectivement durant les 3 années pendant lesquelles Isabelle C a été représentée par l’agence, elle n’a décroché qu’un seul et unique contrat. Mais quel contrat !!
Un sombre jour, l’agence a été contactée par un client (mandaté par la marque NO-LI-TA) à la recherche d’une fille très maigre. Isabelle C a remporté le casting haut la main et cette campagne l’a rendue mondialement célèbre.
La question que je me pose est la suivante : est-ce que dénoncer l’anorexie dans une publicité (même si c’est une campagne d’image de marque, ça sonne malgré tout comme un semblant de publicité) justifie l’utilisation d’une personne physique souffrant de cette pathologie ?
Il faut savoir qu’une fois engagée dans une agence de mannequins, comme pour tout emploi l’employeur DOIT FAIRE PASSER UNE VISITE MEDICALE à chacune de ses nouvelles recrues. Pas besoin d’être juriste pour savoir ça ! Mais pour les Internautes plus filous, lisez bien cela « en vertu de l’article R. 241-48 du Code du travail, le salarié nouvellement embauché doit bénéficier d’un certain nombre d’examens médicaux, parmi lesquels figure obligatoirement une visite médicale d’embauche ».
De plus,
Chaque mannequin bénéficie d'au moins un examen médical par période de
douze mois en vue de s'assurer du maintien de son aptitude à exercer l'emploi considéré.
Le premier examen a lieu dans les douze mois qui suit l'examen médical d'embauche mentionné à l'article R. 4624-10.Il est bon de savoir que l’omission des examens obligatoires peut engager la
responsabilité civile du chef d’établissement s’il peut être démontré que cette omission a causé un préjudice au salarié, du fait de la découverte tardive de son affection, de l’aggravation de
son état de santé (Cass. Soc. 10/06/1976, Dr. Soc. 76-498 ; Cass. soc. 13/02/1980).On entend par "médecin de prévention" un médecin du travail dûment diplômé (article 13
du décret n° 82-453).
Devinez quoi ?! L’agence l’a comme par hasard oubliée cette fameuse visite ! Etonnant ? Je ne crois pas. Moi même faisant partie du groupe qui détient cette agence et bien mon agence ne m’a jamais fait passer de visite médicale ou autre… Bref !
Quel aurait été l’avis d’un médecin sur le fait de faire travailler une personne souffrant d’un tel trouble et étant dans un stade avancé de la maladie ? Positif vous pensez ?! Au final on peut y voir là l’exploitation de la maladie d’Isabelle C pour de l’argent... Surtout que sa bookeuse da déclaré elle-même qu’elle « était trop maigre pour être mannequin ».
Sur cette campagne, si elle n’est pas censée être mannequin quel est son statut alors ? Comédienne peut-être ? Ou proie désemparée susceptible de faire remporter le jackpot ?
Lutter contre l’anorexie tout en voulant choquer je veux bien croire que c’est un concept intéressant. Soulever l’importance et l’ampleur de cette maladie, oui, mais à quel prix ?
Ce genre de démarche n’entrainerait-elle pas alors une personne faible comme Isabelle C dans le cercle vicieux qui lui imposerait de REUSSIR uniquement au travers de sa MALADIE ?
Je ne jette pas la pierre à l’agence, annonceur ou au photographe qui ont collaboré pour cette campagne. Après tout, on pourrait juger négativement Isabelle C pour être passée sur le billard et s’être fait refaire le portrait alors qu’elle était dans une grande souffrance morale et physique…
Chacun y trouve son compte avec cette publicité : pendant que certaine se crée une notoriété, d’autres amassent du fric. Elle est pas belle la vie ? Je dirai même elle est « plus belle la vie ». ;)
Si tout se finissait comme ceci ça serait trop beau… Voulant davantage, Isabelle C ne s’est alors pas arrêtée là. Les reportages dans lesquels elle apparaissait, fleurissaient de toute part. Elle y racontait sa détresse et ses moyens pour s’en « sortir »…
Ne trouvant pas le bonheur dans le simple fait d'exister, elle s'est étourdie de château en Espagne (émission tv, interviews...), s'est perdue et l'a payé très cher... L'oiseau bleu s'est transformé en aigle noir (merci maman pour cette belle et nouvelle métaphore).
Avant de conclure mon article je suis tombée sur des propos étonnants de la part du photographe Olivier Toscani au sujet d’Isabelle C et je souhaite vous en faire part (Camille G. enquêtrice jusqu’au bout) ;)
« Hélas, je
n'ai pas un bon souvenir d'Isabelle. C'était une femme très malade, en premier lieu dans sa tête, avant même de l'être dans son corps comme toute anorexique. Elle était très égoïste et très imbue
d'elle-même, et cela jusqu'à sa mort.
Son problème: elle n'a jamais compris qu'elle n'était pas mannequin! C'était une fille malade, une malade en phase terminale. Les médias non plus n'ont jamais compris ça. »
Oliviero Toscani ajoute au sujet d'Isabelle C : Elle pensait pouvoir avoir du succès en tant qu'actrice, mais elle s'est montée la tête. Elle n'avait aucun autre talent que celui d'être
anorexique. En cultivant sa maladie à l'extrême dans la presse, elle est devenue victime d'elle-même. C'était une damnée et les médias ont contribué à sa mort !
Alors au final l’anorexie vous en pensez quoi ? Faut-il contribuer à la fragilisation des personnes qui en souffrent pour tenter de faire des publicités originales ??
Vous pensez également que la marque NOLITA a reversé un % de ses ventes à une association ? C'est bien connu une entreprise n'a pas pour but d'engendrer du chiffre d'affaires et d'avoir un bénéfice .............................. Elle communique juste pour faire beau ! Bah tiens...
Copyright ©2011 - Camille G